Qu’est-ce que la dissociation ?

Un événement brutal, inattendu, violent, incompréhensible et menaçant pour son intégrité physique et psychique sidère le cerveau. C’est à dire que les fonctions corticales sont paralysées et ne parviennent plus à réguler la forte production d’hormones de stress produite par l’amygdale. Cette forte dose d’adrénaline (risque d’arrêt du cœur) et de cortisol (risque d’AVC) est extrêmement dangereuse pour l’Homme.

⇒ La dissociation c’est donc le court-circuitage du cerveau suite à une production anormalement trop élevée de cortisol et d’adrénaline dans le corps. Le cerveau fabrique un cocktail d’urgence de drogues dissociantes afin d’anesthésier émotionnellement et physiquement la personne : son amygdale s’éteint.

Distinguons deux dissociations : la dissociation péri-traumatique et la dissociation structurelle.

  1. La 1ère est un phénomène faisant suite directement à un évènement vécu comme traumatique par la personne. Elle a pour conséquence du figement, une absence de réaction émotionnelle, une amnésie de l’évènement, déréalisation, dépersonnalisation, etc. 
  2. Les symptômes de la dissociation structurelle continuent d’apparaître alors que l’évènement menaçant est terminé. Le système de stress est continuellement activé et fait osciller la personne entre de l’anesthésie / amnésie (« ressentir moins ») et du débordement (« ressentir trop »). Voir les symptômes dissociatifs. Et cela dure tant qu’il n’y a pas eu d’intégration de cet évènement traumatisant (toute une vie parfois).

L’être humain a une fenêtre de tolérance aux situations. Dans sa fenêtre il est en sécurité et peut apprendre et interagir convenablement avec son environnement. Cependant lorsque son système de stress s’active trop, l’être humain sort de sa fenêtre et dissocie. Il est alors dérégulé émotionnellement. Cette fenêtre de tolérance se construit dès la plus tendre enfance grâce aux systèmes de régulation émotionnel de ses propres parents, à ses expériences de vie, à ses relations aux autres et à la façon dont il résoud les problèmes.

  • Le maintien dans la fenêtre de tolérance permet : l’intégration des informations, la résolution de problème adaptée, des prises de décisions en conscience
  • La sortie de cette fenêtre de tolérance entraîne : la dissociation, la non intégration de l’évènement, le débordement émotionnel

« Ma mère nous frappait depuis gamine alors quand mon mari à lever la main sur moi, cela m’a paru habituel. Du moins ce n’était pas suffisamment anormal pour m’amener à partir », « j’ai beaucoup de mal à repérer si une personne veut mon bien ou non, c’est comme si mon système de protection était out », « l’agression que j’ai subi plus jeune m’a tellement fait du mal que rien ne me paraissait aussi destructeur, pas même les insultes de mon patron », « je me méfie de tout le monde et pourtant je ne tombe que sur des mecs méchants avec moi, je ne comprends pas pourquoi ».

Problèmes ?
  • L’amygdale est devenue hypersensible et développe une tolérance au stress faible. Le cerveau a donc souvent recours à la dissociation pour éteindre cette amygdale qui s’allume « presque pour rien »
  • Un cerveau qui a trop souvent recours à de la dissociation verra sa fenêtre de tolérance au stress augmenter. Ce phénomène est très dangereux car la personne est alors incapable de percevoir ce qui est dangereux ou non pour elle, ou du moins aura une tolérance de plus en plus grande à la violence et à la maltraitance physique ou psychique.

C’est ainsi que des personnes restent des années auprès d’un(e) conjoint(e) violent(e), tolérent du harcèlement au travail, etc.

Pour plus d’information ⇒ rendez-vous à la rubrique Qu’est-ce que la mémoire traumatique ? pour regarder des vidéos explicatives.