Les troubles de stress post-traumatique (TSPT) complexes

Le traumatisme complexe comporte les mêmes symptômes que le TSPT simple.

Plus les événements violents se répètent dans le temps et plus il y a risque de développer un TPST complexe. Cela vaut également lorsqu’il y a un risque que les violences se reproduisent, comme des menaces qui perdurent ou cohabiter avec la personne auteur des violences par exemple.

  • Plus la victime est jeune plus le TSPT à un risque d’être qualifié de complexe.
  • Les agressions sexuelles et viols (sur mineurs et majeurs) sont systématiquement à l’origine d’un TPST complexe.
  • Le harcèlement du fait de sa répétition dans le temps peut lui aussi entraîner un TPST complexe.
  • Et bien d’autres encore…

Parfois un évènement qui nous semble isolé et n’avoir aucun rapport avec le reste de notre vie peut pourtant nous réactiver et venir toucher aux traumas du passé que notre cerveau tentait avec plus ou moins d’efficacité de maintenir éteint grâce au phénomène de dissociation.

« lorsque j’ai eu un accident de voiture, les souvenirs du viol vécu enfant me sont revenus comme une claque », « la pression subie au travail pendant des mois m’a tellement affecté que je ressens à nouveau les douleurs pourtant vieilles de dizaine d’années ! Je ne comprends pas je ne veux pas ressentir à nouveau ça ! », « je ne comprends pas comment un simple burn out peut continuer à autant m’impacter 2 ans après… »

Et au niveau de notre construction identitaire ?

Les réactivations ne sont pas toujours conscientes. Nous ne les repérons que grâce à l’étude attentive de notre comportement. Ainsi nous remarquons que nous réagissons à un évènement de manière peut-être excessive, immature, différente de tel que l’on est « en temps normal ». Il s’agit là de réactivation de « partie » (= un réseau neuronal qui s’active ensemble)

Le concept de « partie du moi » nous aide à représenter l’impact de traumatismes répétés sur notre construction identitaire. En dissociant, le cerveau sépare certains évènements (donc une part de notre vécu et donc de nous) du reste de notre vie. Nous nous construisons ainsi comme « fractionné » et non avec un sentiment d’unification.

Lorsq’un déclencheur (situation, odeur, souvenir, etc.) réactive un traumatisme il réactive également la partie de nous qui y est encore raccrochée. Si le traumatisme réactivé est lié à un évènement qui a eu lieu lorsque nous étions enfant, la partie de nous qui va alors prendre les commandes de notre cerveau sera elle aussi jeune. D’où des réactions parfois immatures, de détresse excessive, incapables de prendre une décisions, etc. L’exemple qui suit illustre ce propos.

Ex : ma mère est décédée lorsque j’avais 4 ans. Aujourd’hui les séparations amoureuses que je vis m’arrache littéralement le cœur et me plonge dans une tristesse que rien ne peut apaiser. Je me sens plus seul que jamais…

Cette réaction émotionnelle se répète chez cet homme quelle que soit la compagne, la durée de la relation, la force des sentiments, etc. Le déclencheur “séparation” réactive une partie enfant très jeune, rattachée aujourd’hui encore à ce traumatisme (en fait encore bloqué en mémoire traumatique). Le cerveau ainsi activé réagit comme il l’a appris à 4 ans. La réaction d’aujourd’hui reflète le niveau de gestion émotionnelle propre à un jeune enfant qui a besoin (et c’est normal) de son parent pour survivre et se sentir aimé, et non celui d’un adulte.

Comment un évènement sans rapport apparent peut venir "toucher" aux traumas passés ?

Ce sont les neurosciences qui nous permettent aujourd’hui de comprendre ce fonctionnement. 

Lorsque notre cerveau enregistre en mémoire un évènement, il y enregistre également les couleurs, les personnes présentes, les sons, le ressenti du corps et bien-sur les émotions, liés à cet évènement. Si une naissance s’est bien déroulée et a suscité de la joie, 20 ans plus tard cet évènement suscitera encore un sentiment plaisant lorsqu’on l’évoque. Et inversement si l’accouchement a été traumatique.

Dans la mémoire traumatique les souvenirs sont non accessibles, mal rangés et déliés les uns aux autres. C’est ainsi qu’un déclencheur du présent (une couleur, un sentiment, une personne, une situation, une odeur, etc.) peut réactiver un souvenir du passé, et ce, sans que l’on ne fasse le lien.

  • Une porte qui claque bruyamment  et qui rappelle l’explosion de la chaudière il y a 3 ans
  • Croiser une femme qui ressemble à la patronne qui nous a harcelé
  • La musique qui passe à Carrefour qui est la même que celle qui passait à la radio lors de l’annonce du décès d’un proche, etc.

La réactivation est émotionnelle (ex : peur), corporelle (ex : boule dans le ventre) et surtout identique au passé. Ces ressentis étant enregistrés en mémoire traumatique, lorsqu’ils se réactivent, c’est la panique pour le cerveau…

Ainsi, en venant toucher au dragon, il le réveille et celui-ci se met à cracher du feu à la fois ancien (les traumas passés) et récent (l’évènement actuel). Ce feu ce sont les symptômes post-traumatiques. 

Le Dr. Salmona ajoute d’autres critères intéressant, que vous retrouvez également sur son site internet mémoiretraumatique.org

  1. une altération de la régulation des émotions avec une impulsivité marquée et des comportements auto-destructeurs. 
  2. des perturbations de l’attention ou de la conscience, pouvant entraîner des épisodes dissociatifs. 
  3. une altération de la perception de soi, avec des sentiments permanents de honte ou de culpabilité, et un sentiment de vide. 
  4. une altération de la perception de l’agresseur, qui peut être par exemple idéalisé. 
  5. des relations interpersonnelles perturbées, avec une incapacité à faire confiance ou à avoir une relation intime avec autrui. 
  6. des symptômes de somatisation. 
  7. des altérations cognitives avec une perte d’espoir.